Compte-rendu de la Conférence-débat "L’emploi des jeunes en Europe"

European Youth Guarantee campaign

Le 22 novembre dernier les Eurosocialistes de Genève ont tenu une conférence-débat sur le thème de l’emploi des jeunes en Europe dans le cadre de la campagne du Parti Socialiste Européen (PSE) pour une Garantie européenne pour les jeunes. Leur invité pour cette conférence était le Dr. Ernst Ekkehard du Bureau International du Travail. Voici ci-dessous leur compte-rendu de cette conférence-débat.

 

Compte-rendu de la Conférence-débat

tenue à la Maison des Associations, à Genève le 22/11/2012

sur le thème :

 

L’emploi des jeunes en Europe

par Dr. Ekkehard Ernst, BIT

 

 

            “La Conférence s’inscrit dans le cadre actuel de la campagne du Parti Socialiste Européen (PSE) pour une  Garantie européenne pour les jeunes »  a déclaré en introduction  Wouter van Ginneken, co-Président de l’association organisatrice. Selon cette proposition, a-t-il rappelé, chaque Etat-membre de l’Union Européenne devrait garantir – après une période de quatre mois de chômage - le droit pour chaque jeune femme et jeune homme (en-dessous de 25 ans) –  soit à un nouvel emploi, soit à une nouvelle formation ou à une éducation supplémentaire.

 

            Dr. Ekkehard Ernst commença son exposé par un constat de la situation mondiale :  le taux de chômage dans le monde est plutôt stable, mais élevé, surtout en Afrique du Nord et au Moyen Orient.  Cependant, dans les pays développés le chômage est en augmentation, en particulier pour les jeunes.  En Asie, le taux de chômage est plutôt bas, y compris pour les jeunes, ce qui s’explique en partie par  l’absence de prestations de chômage qui favorise le maintien dans l’emploi à tous prix. Dans cette région  en effet comme dans bien d’autres pays en développement, beaucoup de gens n’ont aucune protection contre le chômage, tel est le cas  des travailleurs dans les campagnes, dans  l’économie informelle, dans les emplois précaires et journaliers.

 

Il y a plusieurs facteurs qui expliquent le manque de création d’ emplois ainsi que l’augmentation et le niveau élevé de chômage actuel.

Le commerce mondial

  • Retombées négatives dans les  pays avancés
  • Ralentissement  des prix des produits de base

L’évolution dans les pays avancés qui déprime la demande

  • Surendettement du secteur public et (en partie) du secteur privé
  • Tendance à la thésaurisation dans les entreprises au détriment des investissements
  • Austérité dans le secteur public

Le déplacement de la demande sectorielle

  • Fin de la bulle immobilière
  • Nouvelles possibilités d'emploi (hors construction) exigant des compétences différentes

L’incertitude a augmenté

  • Notamment  en raison de la crise de l’Euro et du secteur financier

 

 

En Europe :

La situation de l’emploi des jeunes  se dégrade :

  • Les jeunes chômeurs commencent à se décourager et arrêtent leur recherche d’ emploi. 4% ont quitté le marché du travail ces dernières années.  Ils ne sont donc plus comptabilisés ni  considérés par des politiques portant sur le marché du travail.
  • Il y a différentes politiques de formation en Europe.  Certains pays, comme l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse, mettent l’accent sur la formation professionnelle. Les jeunes (entre 15-24 ans)  sont déjà au travail (en apprentissage par exemple).  Dans d’autres pays, comme la France, cette formation  est plutôt apportée avant l’entrée dans l’activité professionnelle.
  • On observe une dégradation de la qualité du travail, avec une plus grande incidence du travail à temps partiel et temporaire parmi les jeunes.

 

Quelles politiques sont mises en place et  avec quelle efficacité ?

  • La formation professionnelle est importante et efficace, par exemple dans des pays comme l’Espagne où l’activité économique dans certains secteurs, telle que la construction, a fortement diminué.  Le système d’apprentissage  est efficace dans certains pays, comme l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, qui ont également (contrairement à la France) un secteur de petites et moyennes entreprises bien développé.
  • Flexibiliser le marché du travail, notamment par rapport à l’embauche et aux licenciements. Cette politique ne semble pas avoir beaucoup d’impact sur l’emploi.
  • Il y a plusieurs formes d’incitation à l’emploi. Les incitations financières, comme la diminution des charges sociales, sont normalement efficaces.  Par contre, la création des emplois ciblée dans le secteur public n’est généralement pas efficace sur le long terme, car après un emploi dans le secteur public, les jeunes sont plus difficilement employables dans le secteur privé.
  • Le coût des garanties d’emploi et de formation ne dépasse normalement pas le 0,4% du PIB, même dans un pays comme la Grèce.

 

DEBAT

 

Les questions posées et réponses données peuvent se classer autour des thèmes suivants :

 

Notre modèle économique.  Plusieurs personnes se demandaient si notre modèle économique ne devrait pas  être repensé, et ne plus être axé sur la croissance économique.  Les recettes néolibérales ont également été critiquées.  Un modèle alternative devrait plus tenir compte des contraintes environnementales.  L’émergence d’une économie sociale et solidaire pourrait aussi faire partie d’une telle alternative.

 

D’où viennent les nouveaux emplois ?  Les petites et moyennes entreprises (PME) sont les plus grands créateurs d’emplois.  La recherche et le développement peut générer de nouveaux produits et services et de nouveaux secteurs d’activité, comme par exemple dans l’équipement médical, la technologie informatique, l’écologie…  De nouveaux emplois peuvent être générés dans les secteurs traditionnels, comme le tourisme et les produits de luxe, à condition qu’il y ait une demande extérieure – par exemple de l’Asie.  La croissance économique et la création d’emplois dépendent également de la qualité de la gestion économique, qui fait défaut dans les pratiques de certains gouvernements en Europe, Afrique du Nord et du Moyen Orient.

 

La compétitivité internationale  dépend en premier lieu de la qualité du produit ou service et de la qualité de la gestion de l’entreprise.  Si ces produits et services pourraient être exportés vers les pays d’Asie, les entreprises investiraient.  Le niveau des coûts de travail est également un facteur, mais doit être lié avec la productivité.  Une diminution salariale trop forte et abrupte peut entraver l’activité économique et la demande globale, et peut conduire à une dépression (comme en Grèce).

 

Les politiques du marché du travail. Les systèmes d’apprentissage, comme que pratiquées en Allemagne, Autriche et  Suisse, sont très favorables pour l’emploi des jeunes avec une éducation non-universitaire.  Les incitations financières pour embaucher, par exemple, à travers une diminution des charges sociales (et des coûts de travail) sont aussi normalement  efficaces.  Une formation ciblée pour se qualifier pour des secteurs en manque de main d’œuvre est également pertinente.  Finalement, un accompagnement spécifique pour les jeunes pour trouver un emploi est très important, et fait défaut dans certains pays, comme l’Espagne.   Par contre, créer des emplois temporaires pour les jeunes dans le secteur public n’est généralement pas efficace, car ces jeunes ont plus de difficultés à s’insérer dans le secteur privé après.

 

 

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"Your future is my future - a European Youth Guarantee now!"
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